02/10/2016

Grand Genève: score soviétique

Ferney-Voltaire - Pays de Gex, le 2 octobre 2016

Suivant régulièrement les séances bimestrielles de l'ARC (Assemblée régionale de coopération du Genevois français), j'assiste pour le moment en direct à la naissance du nouvel interlocuteur local unique des Genevois, en charge des enjeux clés d'intérêt métropolitain, dès 2017.

Entourant Genève le long d'un tracé de 103 km, ce partenaire de proximité «nouvelle formule» verra le jour à travers la dissolution de l'ARC et sa substitution simultanée par une entité territoriale mieux outillée pour conduire des politiques d'équilibre entre la Suisse et la France. Opportunément, il n'y a donc point installation d'une couche ou d'un «machin» de plus.

Identique au périmètre de l'ARC (voir carte ci-après) - travaillant depuis 2004 sous forme de simple association puis, depuis 2010, sous forme de syndicat mixte -, le territoire du futur Pôle métropolitain du Genevois français va regrouper, pour une durée illimitée, la totalité des intercommunalités - établissements publics de coopération intercommunale ou EPCI à fiscalité propre, pour être précis - qui environnent le territoire cantonal genevois, à savoir :

• le Pays de Gex (9 sièges au futur Conseil métropolitain, 22,12% de la population authentifiée en vigueur au 1er janvier 2016) ;

• le Pays bellegardien (3 sièges, 5,44%) ;

• le Genevois haut-savoyard (4 sièges, 10,28%) ;

• Annemasse Les Voirons (9 sièges, 22,35%) ;

• le Chablais, issu de la fusion-extension (effective dès 2017) de la Ville de Thonon-les-Bains, de la Communauté de communes (CC) du Bas-Chablais et de la Communauté de communes des Collines du Léman (9 sièges, 21,58%) ;

• Arve et Salève (2 sièges, 4,8%) ;

• le Pays rochois (3 sièges, 6,74%) et

• Faucigny-Glières (3 sièges, 6,7%).

 

Pour un opérateur de transports en commun unique

Avec 120 municipalités (1'400 km2) et 115'000 emplois (+1,6% par an entre 2007 et 2014), cet ensemble urbain intégré jouxtant Genève va compter 400'000 habitants, dont quelque 45'000 ressortissants suisses. Accueillant annuellement 10'000 habitants supplémentaires (2,1% par an depuis 10 ans), la couronne française de la région urbaine de Genève est ainsi en passe de devenir plus peuplée que le coeur d'agglomération.

Parmi ses champs d'intervention dont feront partie le développement économique et la transition énergétique, le domaine des transports est jugé primordial. Les efforts en la matière tendront clairement vers la mise sur les rails d'une Autorité organisatrice de la mobilité (AOM) unique.

Le score soviétique en faveur de la transmutation de l'ARC - 98,67% des élus (conseillers communautaires et apparentés) des collectivités membres viennent d'approuver les nouveaux statuts***, en l'espace de quatre mois (pourcentage indiqué lors du Comité syndical de l'ARC du 29 septembre 2016) - est sans conteste un signal politique fort, en dépit de l'existence d'un aggloscepticisme sous-jacent, voire atavique, observable de part et d'autre de la frontière. Il exprime qu'il est grand temps de concrétiser les projets communs, de passer des paroles aux actes, de concert avec la partie genevoise et les autres partenaires naturels, publics et privés, à travers les organismes créés à cet effet.

Peter LOOSLI - https://twitter.com/looslipeter

 

***Statuts du Pôle métropolitain du Genevois français, appelé à être opérationnel dès 2017, voir ICI: http://www.arcdugenevois.fr/sites/arc/files/fichiers/stat...

ADDENDUM • Le samedi 8 octobre 2016, à la Maison du futur à Vessy sur Arve (Canton de Genève), j'aurai l'occasion d'approfondir la question métropolitaine sous cet angle, lors de la Journée de l'Agglo du Bassin franco-valdo-genevois, annoncée ICI:

PROGRAMME • Journée de l'Agglo • 8 octobre 2016.2.docx

Carte-ARC.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Légende - L'ARC du Genevois du Genevois français, entourant le Canton de Genève,

dans sa configuration actuelle (en bleu foncé) 

 

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29/06/2016

Votre région • Le cofinancement n'est pas mort

Ferney-Voltaire - Pays de Gex, le 29 juin 2016

On le considérait comme hasardeux, depuis le non du peuple genevois du 18 mai 2014 lors de la fameuse votation sur les P+R. Proposer le cofinancement d'une infrastructure de la région située sur sol français était, en effet, vu d'emblée comme une aventure à risques.

Seul l'avenir  nous dira si la région transfrontalière du Grand Genève est aujourd'hui arrivée à un tournant en la matière. Toujours est-il que le Conseil d'Etat (Gouvernement genevois) vient de proposer un projet de loi qui alloue un financement annuel de 260'000 francs suisses, pendant trois ans (de 2017 à 2020), au GLCT* pour l'exploitation du téléphérique du Salève**, dont le siège social se trouve à la Mairie d'Etrembières (Haute-Savoie).

Composée de représentants d'Annemasse Agglo et de la commune de Monnetier-Mornex, la partie française apporte une somme équivalente au soutien de cette infrastructure, sachant que le téléphérique du Salève est géré paritairement par la République et canton de Genève (7 sièges dans l'organe gestionnaire) et les partenaires locaux haut-savoyards (7 sièges également).

Peter LOOSLI

*Un GLCT ou Groupement local de coopération transfrontalière est un statut juridique créé au sein du Conseil de l'Europe, la doyenne des organisations européennes appuyée sur la primauté du droit, dont la France et la Suisse sont membres à part entière. Pour en savoir plus:

http://www.ge.ch/legislation/rsg/f/s/rsg_A1_11.html

** https://www.telepherique-du-saleve.com/

Voir également, dans ce cybercarnet, sur le même sujet, ma contribution publiée le 14 avril 2013:

http://peterloosli.blog.tdg.ch/archive/2013/04/14/saleve-montagne-des-genevois.html

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21/06/2016

Annecy fusionne avec les villes voisines

Ferney-Voltaire - Pays de Gex, le 21 juin 2016

Le coeur du bassin annécien vient de décider la plus grosse fusion de communes jamais réalisée en France. Effective à partir du 1er janvier 2017, la collectivité urbaine ainsi créée - prototype de «commune nouvelle» façonnée aux dernières normes - forme une ville de plus de 120'000 habitants, devant l'agglomération de Cherbourg regroupée début 2016 (comptant désormais 82'000 habitants). La ville lucustre et préfecture de la Haute-Savoie se retrouve ainsi soudain au 29e rang à l'échelle nationale, sachant qu'Annecy se classait jusqu'à présent à la 120e place.

Motivée par un projet de territoire ambitieux, cette décision stratégique a été prise hier soir lundi 20 juin, quasi simultanément par les Conseils municipaux d'Annecy (54'000 habitants jusqu'à présent) et de plusieurs communes avoisinantes: Annecy-le-Vieux, Cran-Gevrier, Meythet, Pringy et Seynod.

Ce regroupement de communes, toujours au nombre de plus de 36'000 au niveau de la France dans son ensemble, permet de conserver un bon niveau de services publics sans augmenter les impôts, appelés à être harmonisés sur une période de 12 ans. Limitant la baisse des dotations attribuées par Paris (l'Etat central), il vise à la mutualisation  des services informatiques, des ressources humaines et d'autres fonctions-clés et se focalise, par ailleurs, sur un programme d'investissements à hauteur de 50 à 60 millions d'euros par an.

L'union s'opère entre municipalités de tendances politiques fort différentes et devrait permettre à la région urbaine d'Annecy de peser davantage, autant au sein de la nouvelle Région Auvergne Rhône-Alpes que face aux entités du Grand Genève, dont le bassin annécien ne fait pas formellement partie. Jean-Luc RIGAUT, maire centriste d'Annecy, est d'ores et déjà pressenti pour prendre la tête de la grande ville alpine dont le nom reste encore à choisir.

Peter LOOSLI

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