Peter LOOSLI > Co-constructeur du Grand Genève

  • Bassin genevois | Le tram de Ferney double ses concurrents

    Ferney-Voltaire (Ain), le 22 juin 2020

    A la faveur de la pandémie de Covid-19, le tram de Ferney-Voltaire (Pays de Gex) a doublé, voire distancé tout à coup nettement les deux autres projets de lignes transfrontalières vers la France, prévues dans la planification régionale de notre agglomération binationale: les trams de Saint-Genis-Pouilly (Ain) et vers Saint-Julien-en-Genevois (Haute-Savoie). Sans qu'il s'agisse de fait d'une compétition à proprement parler.

    Parmi les arguments qui ont fini par peser de tout leurs poids, il y a lieu de mettre en exergue les deux faces d'une seule et même médaille : l'affirmation du rôle et de la place, au niveau local, de la Genève internationale (dénomination suisse) resp. du Grand Genève international (appellation française).

    Il est vrai qu'il n'y a que cinq kilomètres entre la Place des Nations et la Cité de Voltaire. Sans oublier que plus de la moitié du personnel de l'ONU, des autres organisations internationales et des ONG habite côté français, en particulier dans la conurbation ferneysienne avec Prévessin-Moëns et Ornex (SIVOM de l'Est gessien) et dans le reste du Pays de Gex. Complétons le tableau en soulignant que nous sommes en terre francophone, de part et d'autre de la frontière franco-genevoise.

    Pour l'obtention du cofinancement de l'investissement par la Confédération suisse à hauteur de 40%, les prescriptions fédérales, en particulier sous l'angle de la participation citoyenne et de la protection de l'environnement, sont connues depuis le 13 février dernier (1).

    La population est ainsi consultée depuis peu sur la planification détaillée (tracé exact, arrêts, etc.) comme sur les questions liées à la tarification (en francs suisses et en euros), aussi bien par l'intermédiaire du Canton de Genève (2) que par le biais de l'intercommunalité du Pays de Gex (3).

    Désormais, ce projet-phare dit aussi de tram des Nations est appelé à être mis en service demain, savoir en décembre 2024. Nous veillerons au grain quant au respect du calendrier.

    Peter LOOSLI

    (1) «Directives pour le programme en faveur du trafic d'agglomération», arrêtées par le Département (ministère) fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication (DETEC), Berne, en date du 13 février 2020, voir sous :

    https://www.are.admin.ch/are/fr/home/transports-et-infrastructures/programmes-et-projets/pta/4g.html

    (2) Consultation citoyenne sur le tram de Ferney via le Canton de Genève, axée sur la partie suisse, voir sous :

    https://www.ge.ch/dossier/concertation/premiere-phase-concertation-tram-nations

    (3) Consultation citoyenne sur le tram de Ferney via Pays de Gex Agglomération, axée sur la partie française, voir sous :

    https://tramferney.paysdegexagglo.fr/processes/ferney

     

  • Tram de Ferney (France) : nouvelles exigences

    Ferney-Voltaire | Pays de Gex, vendredi 10 janvier 2020

    Une nouvelle ordonnance fédérale entrera en vigueur le 1er février. Elle impactera les agencements du Projet d'agglo du bout du lac. Savoir le nôtre, dont les moutures successives depuis 2007 sont concrétisables dans le bassin genevois, qui comprend de par sa morphologie et statutairement les 47 communes du District de Nyon au même titre que 8 intercommunalités situées dans le nord de la Haute-Savoie et le nord-est de l'Ain. Les prescriptions exigent désormais des concrétisations sans délai, ni retard... Sous peine de sanctions.

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  • Grand Genève | Quand les Cours des comptes s'en mêlent...

    Ferney-Voltaire, le 31 octobre 2018

    Revenant sur le récent audit de légalité et de gestion de la Cour des comptes (CdC) genevoise sur la malgouvernance des relations et actions extérieures de l'Etat de Genève et particulièrement les trams transfrontaliers vers Annemasse, Saint-Julien-en-Genevois, Saint-Genis-Pouilly et Ferney-Voltaire, il est crucial que les habitants du bassin de vie genevois se rendent compte de sa portée exceptionnelle, autant stratégique que financière (*).

    Acceptées par les autorités compétentes, les 10 recommandations et 15 actions concrètes préconisées par l'auditeur public genevois, indépendant et autonome vis-à-vis des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire cantonaux, sont maintenant à mettre en oeuvre sans tarder, en l'espace de trois ans, en premier lieu par les Départements présidentiel (PRE), chargé des Infrastructures (DI) et en charge du Territoire (DT), voire par la DELTA (Délégation du Conseil d'Etat aux Transports, à l'Aménagement et au transfrontalier) ainsi que d'autres instances internes telles que la PFI (PlateForme Interdépartementale), sous le contrôle strict de la Cour en vertu de ses missions légales explicites (**).

    Origine citoyenne

    Fruit de l'autosaisine mise sur les rails par les magistrats de la CdC au vu des risques encourus par l'Etat de Genève et plus largement par l'agglomération du Grand Genève, cet audit susceptible de faire date, en toute transparence, tire son origine simultanément de la saisine en date du 7 mai 2017, introduite par le soussigné auprès de la Cour genevoise et par ricochet auprès de son homologue française. Le jour même de la divulgation de l'audit, les magistrats de Genève ont ainsi tenu à exprimer leurs remerciements formels, dans une lettre à mon attention, pour le dépôt de ladite requête citoyenne. La sollicitation a du reste été déclinée, voire affinée, en plusieurs apports successifs, braquant les projecteurs sur le blocage du Grand Genève, et a été dans les faits étendue à toute la durée allant de la mi-mai 2017 jusqu'à la mi-septembre 2018.

    A la recherche de l'efficacité et de l'efficience maximales, l'angle fort ingénieux finalement retenu réside, en filigrane, dans la responsabilisation adéquate et pérenne du coeur d'agglomération, savoir les acteurs et agents de la Genève intra-muros chargés sur le papier des affaires régionales. Le constat no 6 dressé par l'audit, relatif à l'absence caractérisée de leadership en rapport avec les projets ou mesures spécifiques, a été exemplifié à travers le choix d'un thème de contrôle transfrontalier précis: les trams genevois appelés à desservir sous peu la petite couronne française du Grand Genève.

    Nouvelle présidence en perspective

    C'est le 29 juin 2017 que la Cour a communiqué, par lettre, sa décision d'entreprendre un travail approfondi sur ces problèmes toujours plus gênants, internes à la partie genevoise, au Président du Gouvernement genevois - François LONGCHAMP en l'occurrence - et au Conseiller d'Etat chargé des Transports - Luc BARTHASSAT à l'époque. Vu la gestion calamiteuse des affaires régionales mise en évidence pour la période entre 2014 et 2018, la réalisation d'autres audits transfrontaliers est d'ores et déjà dans les tuyaux, toujours de concert avec la Cour des comptes française, par le truchement de sa branche locale lyonnaise: la Chambre régionale des comptes (CRC) Auvergne Rhône-Alpes, ayant auditionné le soussigné le 13 décembre 2017 dans la capitale des Gaules (***).

    Prévue pour le jeudi 15 novembre prochain, la nomination formelle imminente du nouveau responsable genevois du comité de pilotage politique (GLCT Grand Genève), censé avaliser les concrétisations des Projets d'agglo pour la région urbaine genevoise, soutenues financièrement par la Confédération suisse (le FORTA) si les exigences de base sont remplies et si le taux de réalisation des mesures est jugé suffisant, est clairement de bon augure aux yeux des connaisseurs des questions régionales.

    Peter LOOSLI

    (*) Audit de légalité et de gestion de la Cour des comptes de la République et canton de Genève, rapport no 141, divulgué le 19 octobre 2018, 90 pages, portant le titre «Gouvernance et gestion des lignes transfrontalières de tramway», voir ICI:

    http://www.cdc-ge.ch/fr/Communications/Actualites/Gouvernance-et-gestion-des-lignes-transfrontalieres-de-tramway.html

    (**) Voir précisions en pages 64 à 74 de l'audit ainsi que le «Tableau de suivi des recommandations et actions», au chapitre 5, en pages 75 à 85

    (***) Voir le compte rendu de ces échanges, accessible ICI:

    //peterloosli.blog.tdg.ch/archive/2017/12/17/region-de-geneve-ou-passe-l-argent-des-contribuables-frontal-288446.html